Résumé du pourquoi avec trop de questions partie 3

Septembre 2008, mon fils commence la maternelle sans étiquette, je respire, il respire, nous respirons enfin, un peu, jusqu’à ce que le téléphone sonne pour la première fois. Et voilà, ce fut le début d’un éternel combat ( je ne savais pas à ce moment que ma vie changerait à tout jamais) le début d’une quête extraordinaire dans les chemins lourds de la mort de cette vie normale qui me filait encore entre les doigts. Encore aujourd’hui, quand nous vivons des moments plus difficiles, je me sens tellement coupable, je vie dans l’incertitude un mélange de tristesse, de frustration, parfois même de désespoir, je pleure souvent en me demandant ce que j’ai bien pu faire pour que mon enfant vive ça. Je sais c’est juste comme ça la vie mais des fois … On voudrait juste mettre le blâme du hasard sur nos épaules juste pour pouvoir mieux accepter.

La direction, les spécialistes, l’enseignante qui réclamait du Ritalin, les plans d’interventions, les suspensions internes/externes, les billets de transport et les petites sauterelles. Oui les petits sauterelles, c’est un programme de 6 semaines où on envoie nos amis de maternelle qui ne s’intègrent pas à cause de leurs comportements inadéquats; entre autre pour leurs donner des outils et essayer de les aider à fonctionner en milieu scolaire, les parents doivent aussi obligatoirement assister à trois rencontres pour aider son enfants données par le CLSC. Malheureusement, on envoie nos petits amis fragiles dans une autre école pour faire ça et la première rencontre pour les parents ressemblait plus à un cours d’économie familiale mélanger avec une formation de gardiens avertis ( ex: vous devez nourrir, vêtir, donner un toit, de l’amour …etc à votre enfant. J’espère sincèrement qu’aucun de ses parents ( parce que en plus ça se fait à plusieurs comme si on avait vrm envie de partager) n’avaient besoin de se faire rappeler le gros bon sens! ) bref, l’idée est bonne mais la façon est à retravailler !

Six semaines plus tard, on retourne le jeune dans sa classe, s’il ne rentre pas dans le droit chemin on lui colle une cote y,x ou z dans mon cas 12 trouble du comportement ( cette cote deviendra 14 l’année suivante; trouble grave du comportement. Maintenant il devrait avoir la cote 53; trouble relevant de la psychopathologie, mais non car le pédopsychiatre ne veut pas émettre un diagnostique ferme car il relève du trouble de l’humeur et ce type de trouble ne peut avoir un diagnostique ferme qu’à l’âge adulte: logique quoi! Mais la commission scolaire refuse de changer cette cote à cause qu’ils n’ont pas la certitude que mon fils a une maladie mentale! C’est certain que j’m’amuse à donner du Lithium, du Risperdal, de la Clonidine, du Strattera et surtout du Benadryl ( pour le calmer au besoin) juste parce qu’il veut faire chier le monde!) Ensuite, on lui dit que l’an prochain on le redirige vers une école spécialisée: Bye bye bonhomme encore une fois la normalité veut rien savoir de toi!

Une chance, j’ai réussi à soigner ma dépression, 11 longs mois avant de pouvoir retourner au travail et 5 ans de thérapie ( je viens de terminer il y a, à peine, six mois) .

Je n’en veux pas au gens de vouloir trouver des solutions, j’en veux au gens de vouloir trouver des solutions loin des gens normaux!

P.s Les maladies mentales ce n’est pas contagieux!

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Résumé du pourquoi avec trop de questions! Partie 2

J’en étais où dans ce brouhaha compliqué?

Ah oui, mon fils de 4 ans qui va à la pré-maternelle se fait mettre dehors du service de garde, il cumule des échecs importants à l’école et pauvre que coeur il a une mère en dépression qui vient de se séparer et qui doit rouler un budget de deux salaires avec 66% du sien!

L’école apprend bien vite que je ne travaille plus et à ce moment précis commence un cercle sans fin. Tous les jours, l’école m’appelle pour venir chercher mon enfant à l’école, me donne des rendez-vous avec tous les spécialistes et finalement me disent que la pré-maternelle n’étant pas obligatoire au Québec, ils ne sont pas dans l’obligation de maintenir la fréquentation scolaire de mon fils!!!!! QUOI! Et oui on a voulu mettre un enfant de 4 ans dehors de la pré-maternelle. En fait ils ont pas juste voulu, ils l’on fait mais au même moment mon attente pour un psychologue à Ste-Justine s’est finalement terminée et j’ai eu le rendez-vous tant espérer!
La face du psy quand il a su cette histoire, il est allé, en personne, dire qu’ils étaient entrain de scrapper la vie d’un petit garçon intelligent en voulant le mettre dehors à 4 ans et qu’ils étaient coupables de faire croire a mon enfant que l’école ne voulait pas de lui. Ben vous savez quoi ? Encore aujourd’hui mon fils est convaincu que l’école ne l’aime pas et ne comprends toujours pas pourquoi! Alors sous les recommandations du psychologue, mon garçon réintègre l’école avec une aide en classe et encore là je me fais appeler régulièrement, ils ont peur d’un enfant de 4 ans, sérieusement je ne comprendrai jamais ce qui s’est passé cette année là ! Mais arrivé en juin quand la direction m’a dite qu’ils voulaient envoyer mon fils dans une école de troubles de comportements dès sa maternelle à l’autre bout de la grand ville, j’ai eu la confirmation que repartir dans ma banlieue c’était la meilleure solution pour le moment.

J’ai voulu donner une deuxième chance à mon fils avec l’école, repartir à zéro, pour lui, pour moi, pour demain…

L’été c’est super bien passé, on était confiant, petit bonhomme avait si hâte de commencer l’école, il à voulu lui aussi passer à autre chose, oublier l’an d’avant et enfin avoir une vie de petit garçon normal. Du haut de ses cinq ans, il savait déjà qu’il avait une étiquette grosse comme le monde dans son front et était bien résolu à la faire disparaître…

C’est avec espoir, main dans la main que moi et mon fils sommes partis à la rencontre d’une nouvelle année scolaire et d’une nouvelle commission scolaire. Vous savez, j’ai vraiment voulu croire au système d’éducation du Québec, vraiment…

À suivre.

Résumé du comment avec trop de pourquoi! Partie 1

À la garderie petit bonhomme est presque parfait, les éducatrices du milieu familial l’adorent, je suis chanceuse d’avoir trouvé cette place pour mon fils. Il vieillit, les jours se suivent c’est la routine quoi! Puis arrivent les crises à la maison, les comportements dérangeants en public, les refus de ci de ça. Bah, c’est grandir me direz-vous le terrible two, le terrorist three , le fucking four et tout le tralala, et bien on y croit, on veut y croire jusqu’à ce que le tout se produise aussi à la garderie. Au début se sont de petites choses et bien vite on doit intervenir, on encourage les bons comportements, du renforcement positif j’en ai souper des systèmes d’émulations j’en essayé, copié, inventé, réinventé, modifié jusqu’en à vomir, les pictogrammes de ci, de ça, pour ci, pour ça, psychoéducateur du clsc, rdv avec le pédiatre un tourbillon sans fin et des résultats temporaires. La garderie à gardé mon fils parce que je faisais pitié, quand il est parti en pré-maternelle elle a fermé ( pas à cause de lui mais elle est restée ouverte deux mois de plus pourqu’il puisse aller directement à l’école, les éducatrices savaient qu’ailleurs personne le garderait et que j’aurais encore plus de problème et que lui aussi malheureusement). Encore aujourd’hui je me demande ce que j’aurais fait sans elles !

Arrive la pré-maternelle, on y mettais beaucoup d’espoir puisqu’il s’ennuyait toujours, on voyait en l’école une façon de nourrir son besoin de tout savoir, on se disait il ne pourra pas arriver au bout et s’ennuyer puisqu’il y aura toujours quelque chose à apprendre, à faire. Au début, c’était wow , un vrai soulagement, il allait à l’école et au service de garde après, j’allais le reconduire tous les matins et le chercher à tous les soirs après le boulot. J’habitais à deux rues de l’école et je travaillais aussi à deux rues. La vie était presque parfaite, mon copain ( chum que j’ai eu après ma séparation du père de mon fils différent) avait emménagé en juillet, fils commençait l’école et tout allait bien. Puis arriva octobre et les problèmes sont revenus, au début au service de garde, donc on le privait des sorties prévues pour les pédagogiques, l’école avait peur qu’il fasse des comportements dangereux et ne voulait pas être responsable d’un accident ( je les comprends quand même ) mais y avait encore plus de bon moment que de mauvais. Et puis sans crier gare une guerre s’est déclenchée, une guerre contre l’invisible! Effet boule de neige , les comportements inacceptables sont devenus de plus en plus présents, ils n’étaient plus seulement au service de garde mais aussi en classe. Rencontre téléphonique, rencontre avec la prof, avec la direction, plan d’intervention, rdv avec le pédiatre, clsc liste d’attente ( il n’y a plus de psychoéducatrice pour le moment), liste d’attente Ste-Justine pour un psychologue. Mais il continue d’aller à l’école il a même de nouveaux de bons moments. Noël approche, je trouve ça difficile le travail, l’école et le chum ( on se chicane tout le temps, on ne voit pas les choses de la même manière à propos de mon fils, je suis pas assez sévère, il ne croit pas aux différences invisibles) mon garçon semble remonter la pente décembre se passe plutôt bien et enfin les vacances arrivent. On passe un joli Noël , même si je travaille beaucoup ( je suis bonne dans ce que je fais et j’ai des possibilités d’avancement ) je me dis que tout va rentrer dans l’ordre, chaque chose en son temps je pense même à un deuxième enfant.

Janvier 2008 , nouvelle année pleine d’espoir. BANG ! Pendant qu’au travail on m’offre une promotion pour le mois de mai que j’excelle et que je devrais me réjouir les situations catastrophiques recommence à l’école, on m’appelle sans cesse, on me met de la pression comme si j’avais la réponse à tous leurs pourquois et que je ne voulais pas la partager. Pour ajouter un peu de glaçage sur mon gâteau à la maison c’est l’enfer, chum et moi on s’engueule souvent ( ce qui n’aide pas fiston à aller mieux) j’ai l’impression que je ne reconnais plus mon copain y a comme un truc qui à brisé entre nous, il n’est plus certain de vouloir des enfants. Ils n’est plus certain de vouloir des enfants … Avec moi. Le 8 février au matin je pars travailler dans la chicane 2 heures plus tard il vient me porter sa clef de l’appartement au boulot et me dit qu’il me quitte. La même journée l’école me met au pied du mur, mon fils ne pourra plus aller au service de garde à partir de ( je me souviens plus de la date il me laissait genre deux semaines) x date parce qu’il est trop exigeant et me font remarquer qu’ils sont indulgents de me donner un délais qu’ils sont nullement obligés de le faire.cette semaine là je suis devenue un zombie, l’école m’a harcelé tous les jours, plusieurs fois par jours pour ci pour ça, j’ai perdu 10 livres en 6 jours je ne voyais pas la lumière au bout du tunnel. Je vais voir le doc au matin du 14 février, diagnostique : Dépression sévère, arrêt de travail indéterminé.

Je me ramasse seule, en dépression avec un enfants différent entrain de me battre contre des listes d’attentes et une situation économique alarmante 66% de mon salaire pour payer le rythme de vie que nous avions à deux. Quand il est parti il m’a dit qu’il me donnerait  » sa partie  » jusqu’en juin ( ce qui est en soit juste) mais je n’ai jamais vu cet argent.

Bref , j’étais dans la marde financièrement, psychologiquement et je devais me battre pour mon fils de 4 ans!

À suivre…

Je ne veux pas appeler à l’école

C’est simple, non? Je ne veux pas appeler à l’école même si je devrais ( ben oui faut je parle a la psychoéducatrice de notre rencontre de mardi dernier oui oui la rencontre qui a démoli le peu d’estime que mon fils a gagné cet été), en fait ce n’est pas de devoir parler avec elle qui me dérange, c’est que je vais devoir laisser un msg parce que ce sera une boite vocale et que se sera elle qui va décider le moment pour me rappeler. Et là, je vais stresser! Attendre après un appel, quoi de plus horrible et en plus c’est certain qu’elle va rappeler au mauvais moment( genre après la sieste pendant que les enfants crient que dis-je qu’ils hurlent pour la collation parce que comme je suis une si mauvaise mère, ils ont toujours faim car je ne les nourrir pas! ) et que mon fils est revenu. Tsé pour être certaine que je ne puisse pas dire ce que je veux ( je dis pas qu’elle va le faire intentionnellement mais… Apres toutes ces années ou le même phénomène se produit a chaque retour d’appel je me demande vrm si ce n’est pas un complot contre les parents qui savent être ceux qui connaissent le mieux leur enfant, qui exigent des explications et s’imposent quand le besoin se fait sentir… ) parce que j’aurai toute ma marmaille a gérer en même temps et que parler de mon fils devant lui et ses frères c’est tellement PAS la chose à faire!

En même temps chaque fois que le téléphone sonne j’ai peur, j’ai peur qu’on m’appelle pour que j’aille chercher mon fils parce qu’il est en crise ou un truc du genre. Chaque fois je regarde l’afficheur le coeur au bord des lèvres, tellement stressée et quand c’est le numéro de l’école je réponds a reculons et quand on me demande comment ça va? Je réponds toujours : Ça dépend la raison de votre appel!

Alors imaginez l’angoisse de devoir recevoir un appel pour autre chose que le retour d’appel que vous attendiez… Y a de quoi avoir mal à la tête de septembre à juin !

Au retour de LA rencontre

14h02 les enfants dorment et même mon grand différent. ( Il est exténué de ce 45 minutes transformé en 1h30.) Et comme je le prédisais cette rencontre fut de la vraie merde! Nouvelle directrice, nouvelle psychoéducatrice qui se sont données vraiment beaucoup de misère a éplucher le dossier de mon fils, le regardant comme un animal de foire! La directrice lui parlait comme on parle a un enfant de 3 ans en appuyant bien sur les mots avec un vocabulaire limite préhistorique, euh ? Il a 10 ans *}%{%]+]£€ et est en classe trp ( soutien émotif) pas privé d’intelligence! On lui à même souligné que puisque que dans les dernières années il a été souvent hospitalisé et qu’il a manqué beaucoup d’école il allait devoir travailler fort ( comme si il le savait pas la cruche!) Oh! Et on a même osé dire a mon fils que avec une troisième année seulement on peut pas rien faire de notre vie ( fuck you la nouvelle directrice explique moi pourquoi quand un enfant a un cancer on lui offre un tuteur mais quand c’est une maladie mentale on s’ en lave les mains hein? Madame qui croit avoir un langage pédagogique avec ses insinuations insultantes sache que si mon fils ne termine pas sa sixième en même temps que ses copains, c’est que notre système d’éducation ( dont tu fais partie en y travaillant) traite mon fils comme un numéro problématique et qu’il est beaucoup plus facile de le mettre de côté que de prendre le temps de comprendre) sur ce j’ai vu dans les yeux de mon fils tout le poids de l’univers, il a baissé le regard et à donné raison a son interlocutrice comme ça sans broncher et ça m’a tellement fait mal que mon fils se fasse ecraser comme ca devant mes yeux, comme un moins que rien. J’avais envie d’exploser, de hurler, mon cerveau allait à toute vitesse, j’essayais de trouver quelque chose d’intelligent à dire, à faire et en pleine réflexion la psychoeducatrice à relancé mon fils avec un contrat de merde ( oui oui un contrat écrit dans lequel il est écrit que si mon fils ne se conforme pas aux règles il a un délai pour se reprendre si le délai est dépasse on appelle maman et si on appelle maman trop souvent on te change d’école encore une fois) il lui on fait lire à haute voix question de bien déstabiliser l’ennemi! Alors mon fils n’a pas encore commencé l’école que l’école lui a dit qu’elle l’acceptait seulement sous ses conditions à elle et le pire c’est qu’elle vient de montrer à mon fils qu’elle A le pouvoir d’intimider et de faire des menaces. BRAVO! Mon fils a signé le contrat pour s’en débarrasser ( je voyais bien qu’il n’avait qu’une envie : Sacrer son camps le plus vite possible) il m’a apporter la feuille que je devais signer et j’ai poliment refusé de la signer et quand on ma demandé pourquoi je leur ai dit que jetais très en colère et que le moment n’était pas très bien choisi, on prend pas mon fils en otage pour me faire signer un document avec lequel je ne suis en accord! Un peu paniqué, ils ont voulu avoir des explications tout de suite, satisfaction que je ne leur ai pas donné! Je suis partie avec mon fils et mes deux autres petits monstres ( et oui j’avais toute ma marmaille avec moi ) comme si de rien n’était avec la peine au coeur mais intègre, je me contre balance qu’on me perçoive de tel ou tel façon mais mon fils n’est pas une bebitte, c’est un être humain et lui aussi il mérite du respect!

Ah oui, j’oubliais! Hier mon fils AVAIT hâte de recommencer l’école…

La rentrée scolaire

Mardi 27 août 2013

Aujourd’hui c’est le plus beau jour de l’année des parents brulés de leur été. Et oui, enfin l’école recommence, les matins chaotiques céderont leur place à la routine et aux phrases du style ; oublis pas ton sac, tu vas être en retard, l’autobus est là! Mais après quelques jours et deux, trois ajustements toute la maisonnée sera « timer » au quart de tour et dès que les petits monstres auront quitté les lieux se sera le bonheur total. Rien, aucune chicane, pas de cris de mort, pas de plainte incessante de pré-ado beaucoup trop cool, non rien juste le silence et la satisfaction qui vient avec : La sainte paix!

Mais pas pour nous, nous on est différent ! Oh non, pardonnez-moi notre fils est différent ! Pour lui l’école commencera seulement jeudi et aujourd’hui on a droit à une rencontre préparatoire de 45 minutes où notre fils déposera tous ses effets scolaires ( parce que évidemment il beaucoup trop différent pour apporter lui-même son sac la première journée d’école) et où on nous dira les mêmes mots et donnera les mêmes explications. Finalement le même blabla ( oh oui elle est pratique cette journée pour permettre à l’enseignant et aux intervenants à bien se préparer et être prêt à intervenir de façon efficace selon l’élève.) Mais pourquoi le faire devant tous les autres jeunes normaux? Pourquoi priver nos enfants d’une rentrée scolaire normale, comme les autres?déjà qu’ils vont à l’école de 8h à 13h50 seulement et sont transportés par berline peut-on leur offrir la satisfaction d’arriver à l’école comme les autres? Une petite tape dans le dos quoi! À force de leurs dire qu’ils sont différents et de les priver des petites réussites ils croiront qu’ils sont réellement incapables et deviendront pour vrai différent.

Ensuite après tout ce chamboulement, nous aurons nous aussi droit à un semblant de routine et peut-être une petite paix jusqu’à ce que notre enfant entre dans une mauvaise période que l’école ne cesse de nous téléphoner pour qu’on viennent le chercher, qu’ils nous menacent de le changer encore d’école ( pour un centre d’expertise, un genre de laboratoire pour enfant différent, mais ça je vous en parlerai une autre fois) et là l’angoisse grimpera en flèche tous ce que notre jeune aura accompli durant l’été disparaîtra parce qu’on ne lui aura pas fait confiance, parce qu’on lui véhicule le message qu’il ne peut pas être comme les autres. Et là! Nous allons avoir hâte que l’école finisse et nous regretterons tous les matins chaotiques !

Il y a dix ans déjà!

Il y a dix ans je donnais naissance à mon premier fils, mon enfant différent! Il eu officiellement l’étiquette de la différence au front à son entrée à la pré-maternelle, il venait tout juste d’avoir 5 ans!

Donc 5 ans plus tard, 5 écoles et 2 commissions scolaires différentes, une carrière envolée, des études interrompues, beaucoup de maux de tête, 2 grossesses et un bon psychologue me voilà aujourd’hui la semaine avant la rentrée avec encore la peur au ventre.

Je me sens comme un soldat qui ne veut pas partir au front qui chie dans ses culottes de devoir aller se battre. À force de temps passé à tout expliquer, à courir ici et là-bas, à rencontrer tous les spécialistes possibles, à jouer au magicien avec des médocs pour trouver un semblant d’équilibre pour mon fils je dois avouer que je suis échaudée, brulée à vif et déjà épuisée de l’année qui n’a pas encore commencé. Mardi prochain à 10h15 c’est de reculons qui j’irai à cette fameuse rencontre de début d’année parce que je sais que malgré tout le mieux que mon fils prend ça ne sera jamais assez pour l’école il sera toujours sous une cote et dans une fucking ( pardonnez mon langage) classe spécialisée.

Ici je tiens à préciser que je jure, sacre et m’enrage contre l’école en générale, la façon de procéder et de gérer de notre merveilleux ministère de l’éducation et des paperasses administratives ridicules des commissions scolaires qui traitent les enfants comme des numéros qui rapportent des sous avec leurs cotes de merde au lieu de les traiter tous et chacun comme un être humain ayant différents besoins pour s’épanouir. Et non contre les enseignants et personnels spécialisés qui disons-le se dévouent pour ses enfants dans se système de …

Dans les prochains jours, semaines, mois ; je vous présenterai mon monde du mieux que je peux avec des anecdotes, des retours en arrière, des tempêtes et des coups de coeur. Mon but, panser mon coeur de mère et vous faire découvrir la différence qui fait si peur simplement car elle est inconnue .

Si avec ses lignes, je peux faire changer la vision des choses d’une seule personne alors cela vaut la peine d’essayer!

Parfois l’avenir semble tellement incertain

Avoir le cœur brisé tous les jours, se sentir en miette, seule au monde, regarder en avant et ne voir que du néant, aimer si fort et souffrir atrocement pour cet amour démesuré, inconditionnel. Aucune autre personne qu’une mère voyant son enfant souffrir ne peut comprendre ces propos, aucune. Maintenant que ma vie est devenue un enfer je comprends mieux pourquoi  il est si ingrat d’être mère et pourtant je ne regrette rien. Je garde seulement ce sentiment d’impuissance qui me poursuit partout où je vais me renvoyant l’écho de mon incapacité à changer les choses comme si j’avais échoué à ma tâche principale de protéger cet innocent qui n’a pas demandé à venir au monde en me  faisant le serment d’être là à jamais pour lui et de sacrifier tout ce que j’ai pour ne pas échouer une autre fois . Tant pis si je meurs épuisé regrettant ma vie entière qui n’aura pas été à la hauteur de mes rêves, j’ai mis au monde un enfant différent et  dès ce moment la femme en moi  s’est éclipsée laissant toute la place à la maman au cœur sans fin….

Le début du pourquoi

 On tombe enceinte et le bonheur nous renverse, finit par se pointer la peur et ses millions de questions et ce n’est qu’au moment venu que l’on tombe réellement en amour pour la première fois. Dès ce moment la perception de la vie change, on donne un autre sens aux mots; sacrifice, constance, implication, responsabilité, bonheur (pour ne nommer que ceux-ci). On constate parfois avec  joie, parfois avec tristesse et parfois avec crainte la vérité sur les parents, ce monde tellement différent auquel nous ne sommes jamais vraiment  prêts  à faire partie.  Il y a les bons et les moins bons coups, les doutes, les interrogations, les réussites et le quotidien. On finit par trouver un certain équilibre, on s’habitue au rôle de parent et on est fière de ce petit être qui grandit et apprend.

 Vient le moment de laisser notre progéniture entre d’autres mains, il doit se faire des amis, sociabiliser, la coupure est horrible mais passagère. Il était prêt avant nous à faire ce grand saut et nous sommes soulagés qu’il s’adapte si vite.

Il commence un chemin important, il devient lui-même, ses traits de caractère se forgent, se définissent. On lui découvre de bonnes habitudes mais aussi de mauvaises, sa personnalité grandit et prend de plus en plus de place, notre enfant s’affirme et c’est tellement merveilleux!

Et il y a les conflits, on apprend que ce n’est pas toujours facile, mais il est tellement bien encadré que tout devrait entrer dans l’ordre si chacun y met du sien. On met  les bouchées doubles en culpabilisant sur tout et surtout sur notre séparation. Se peut-il qu’il  ait des séquelles même plusieurs années plus tard? Le pédiatre nous dit que notre enfant est juste un peu sensible qu’il a besoin de stabiliser son besoin affectif. Tout finit par aller mieux on est soulagé, tellement!

Finalement, le jour J arrive, le premier jour d’école. Notre bébé devient grand et il a hâte de l’être encore plus. Notre cœur se serre de tristesse et de joie et c’est une nouvelle étape qui commence, tout est tellement parfait, on vit le parfait bonheur.

Soudainement, sans crier gare, une série d’événements se succèdent et l’on fait face à la différence.

Il y a la différence que l’on refuse de voir, celle que l’on traite à grands coups d’amour espérant  un résultat quelconque. Les comportements qui nous  affolent, ceux qu’on minimise, ceux qui ont des explications. On trouve une explication à tout, on veut tellement que tout soit normal. Et vient le jugement, les préjugés et la douleur. On regarde cette vie basculer, on doute de soi, le cœur à la renverse, nos repères s’effacent et l’on se retrouve seul dans un monde injuste, sans ressource, criant à l’aide dans un monde sourd.  L’étiquette officielle arrive dans un tournant apportant avec elle une chute sans fin. Dès son apposition, plus rien ne sera pareil, tout ira vite selon ce que les autres veulent : Chasser la différence le plus loin possible. Il ne faudrait pas contaminer les autres, laissons la normalité tranquille il ne faut pas LA perturber avec ÇA, n’est-ce pas? Laissée seule au beau milieu d’un monde administratif souffrant, des services psychologiques et psychiatriques inaccessibles, des services sociaux sans ressources, d’un milieu scolaire sans pitié. Voilà comment je suis devenue mère d’un enfant différent!